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Les plantes médicinales Version imprimable Suggérer par mail
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08-12-2007

Depuis les temps les plus reculés, les hommes ont utilisé les plantes pour se soigner. On peut se demander pourquoi ils ont choisi telle plante plutôt que telle autre. Quelles furent leurs motivations ? L'utilisation des plantes médicinales a-t-elle été liée au hasard, à une longue pratique des plantes, à des facteurs religieux ou culturels ? On peut penser que plusieurs siècles d'essais parfois infructueux, effectués par plusieurs générations ont permis d'opérer un tri parmi les plantes.

Depuis très longtemps, des hommes de lettres, qui ont eu des ambitions quasiment scientifiques, ou plus simplement une démarche encyclopédique, ont cherché à expliquer ce qu'ils connaissaient ou à faire la somme des connaissances qu'ils avaient accumulées. On peut citer parmi eux les grands médecins de l'antiquité grecque : Hippocrate (460-377 avant JC), Dioscoride (premier siècle après JC), Galien (vers 131 vers 201 de notre ère). Pline l'Ancien, quant à lui appartient aux auteurs de langue latine; il écrit au premier siècle de notre ère; il est l'auteur d'une "Histoire encyclopédique" à vocation encyclopédique qui fait pas moins de 37 volumes et dans laquelle on trouve bon nombre d'indications sur l'utilisation des plantes médicinales à l'époque romaine. Certaines indications sont valables aujourd'hui encore, et les effets actifs de certaines plantes citées ont même été vérifiés et validés par la science moderne. Par contre, il arrive que certaines pratiques et certains usages des plantes soient incorrects ou même nocifs.

Le livre de Dioscoride intitulé "Sur la matière médicale (De materia medica)" a connu un succès constant à travers les siècles : il était encore utilisé au début du XIXème siècle; ce livre présentait tous les médicaments qui existaient à l'époque où il a été écrit et l'on trouve naturellement dans l'ouvrage bon nombre de traitements à base de plantes.

Avant que la médecine moderne et scientifique s'impose, avec son cortège de progrès indiscutables, les médecins puisaient largement dans la nature pour soigner autant que possible les maladies et les souffrances des hommes de leur temps. A partir du XVIème siècle, les alchimistes, entre magie et expérimentation vraiment scientifique, sont parfois parvenus à isoler les principes actifs de certaines plantes. La superstition a peu à peu été évacuée des méthodes de travail et une démarche véritablement scientifique dans l'analyse des plantes s'est imposée lentement. A partir de la fin du XVIIème siècle, quelques principes actifs commencent à être isolés (la quinine par exemple). Au XXème siècle, on parvient à fabriquer des molécules synthétiques, et la chimie s'impose dans le monde médical. On a pu penser que la médécine purement chimique supplanterait définitivement les anciens remèdes basés sur les plantes, considérés de manière péjorative comme des remèdes de bonnes-femmes. Cependant, aujourd'hui, la tendance est beaucoup moins catégorique : pourquoi en effet, se priverait-on d'utiliser des remèdes tirés des plantes ? Celles-ci ne synthétisent-elles pas naturellement, parfois, les mêmes molécules que l'on fabrique artificiellement en laboratoire ? La démarche, bien entendu, est beaucoup moins empirique que par le passé. L'analyse et l'utisation des plantes doit être faite en respectant un protocole strictement scientifique. Il faut rajouter une dernière remarque de bon sens : il existe des millions de plantes, souvent très mal connues et dont certaines ont à coup sûr des principes actifs positifs. Pourquoi se priverait-on de les utiliser?

Il faut cependant se garder des excès de la phytothérapie car la nature et les plantes contiennent en même temps des substances actives positives et toxiques selon les circonstances, selon les personnes, selon les maux que l'on veut traiter. Les meilleurs remèdes et les pires poisons sont dans la nature. Une démarche prudente dans l'utilisation des plantes s'impose donc, qui doit se garder de l'enthousiasme récent et parfois excessif pour tout ce qui est naturel. En matière de plantes médicinales, la plus grande prudence s'impose !
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