Nous vous proposons un compte rendu de l'émission de radio "Service public". Diffusée sur les ondes de France Inter le mardi 8 avril 2008 à 10 heures, l'émission traitait ce jour, d'un sujet d'actualité, qui nous a tout particulièrement intéressé : " La cosmétique bio, comment s'y retrouver dans tous les labels, quel crédit y apporter ?". Chez Cosmétic Bio nous avons particulièrement apprécié le ton donné à la discussion par la journaliste et présentatrice Isabelle Giordano et, ainsi que la pertinence de ses questions. C'est pourquoi nous avons décidé de vous en retranscrire le contenu de ce débat constructif.
"Service Public" se veut une émission de radio inter-active avec ses auditeurs, conçue pour et avec le consommateur du 21ème siècle. Elle s'adresse aux citoyens conscients de ses droits et peu enclin à supporter davantage les manquements ou défaillances des grandes marques et des grandes enseignes commerciales. Vous trouverez sur le site les différents commentaires et réactions des auditeurs suite à l'émission sur la cosmétique bio.
Informer, conseiller, enquêter, alerter sont les verbes qui caractérisent les nouveaux dossiers qu'Isabelle Giordano ouvre chaque jour, du lundi au vendredi, entre 10 et 11 heures.
" Une heure pour une vraie réflexion sur la consommation dite de masse et sur l’art et la manière pour chacun de préserver sa liberté de choix : des dossiers réalisés sous la houlette du rédacteur en chef Christian Bauby et de la réalisatrice Marie-Christine Thomas, avec la rédaction de France Inter, décrivent les enjeux, politiques et économiques, de la consommation."
Les invités du débat
Isabelle Giordano à fait appel à deux personnalités reconnues et très légitimes pour participer et mener le débat de l'émission autour du thème de la cosmétique bio. Il s'agit de Valérie Lemaire qui est la directrice de la communication d’Ecocert, organisme de contrôle et de certification bio. Bernard Chevilliat, quand à lui, est le Président de Cosmebio, association professionnelle de cosmétique écologique et biologique. Il est aussi le créateur et le Président de de la marque de produits de beauté bio Melvita.
La beauté au naturel, une nouvelle tendance loin des modes éphémères
Il est évident que la vague verte en matière de produits de beauté bio a le vent en poupe. Au cours de l'année 2007, 270 nouveaux produits de beauté certifiés bio ont vu le jour, une réponse nouvelle à la demande de plus en plus croissante des consommateurs et consommatrices. Pour Bernard Chevilliat la cosmétique bio est née d'une volonté des consommateurs, à la recherche d'une authenticité vérifiable et de réelles revendications de naturalisé. Avant 2002-2003 il n'existait pas de "règle du jeu". Puis est arrivé la certification avec l'élaboration et la mise en place de la charte Cosmebio, gage d'une véritable naturalité.
Est ce que cette recherche de naturalité correspond à la peur du produit chimique utilisé en cosmétique conventionnelle ?
Il semble que la transparence recherchée à la lecture des étiquettes, corresponde à des choix de consommation personnels. Des choix qui tendent vers un effort de recherche de naturalité et donc la volonté d'obtenir des informations réelles. Même si il est vrai qu'à l'origine, les questions que se sont posés les utilisateurs, ont eu pour fondement la peur des dangers des parabènes entre autre. C'est un reportage télévisé d'Envoyé Spécial, émission à fort audimat, qui avait eu l'effet d'un tsunami dans l'esprit des utilisateurs de soins de beauté et plus généralement dans le monde de la cosmétique. Depuis, l'AFSAPS, organisme de contrôle officiel de sécurité de la santé, a fait supprimer l'autorisation d'utilisation de deux des parabènes les plus controversés. Il étaient jusqu'alors largement utilisés par les plus grandes marques de cosmétiques. A ce jour, la règlementation REACH est encore en cours d'élaboration et l'évaluation des substances chimiques n'est pas encore terminée. En attendant donc, toujours utilisées...Il est à noter que les produits cosmétiques bio contiennent des conservateurs mais 5 seulement sont autorisés dans les produits labellisés bio parmi les 56 autorisés par la règlementation actuelle.Bernard chevillat indique que les produits cosmétiques bio labellisés Cosmebio répondent à la même règlementation que la cosmétique générale dite conventionnelle. Il se conservent donc tout aussi bien si on respecte des conditions d'hygiène normales. Les peurs et alarmes sont elles justifiées ou pas, toujours est il que les produits de beauté bio répondent aux critères du principe de précaution, et sont donc de plus en plus largement plébiscités par les consommateurs.
La cosmétique bio : sous le double sceau écologique et biologique
Ce qui ressort également, c'est que la cosmétique biologique apporte une double réponse positive aux personnes soucieuses d'adopter de nouveaux comportements respectueux à la fois de l'environnement et de leur santé. La cosmétique bio apporte donc un véritable plus et une garantie pour tous ceux qui inscrivent leurs choix d'acheteur dans une démarche écologique respectueuse de l'environnement.
Quelles différences entre un produit certifié bio et un produit dit naturel ?
Les différences se font essentiellement au niveau des trois aspects suivants : la fabrication, l'emballage et l'étiquetage, l'origine des ingrédients. Toute la chaine de production répond donc à des critères écologiques et biologiques. La composition d'un produit bio se distingue par l'utilisation de matières premières issues de l'agriculture biologique, ce qui signifie notamment pas d'usage de pesticide. Ceci répond à une volonté de pratiquer une écologie de base, dans un souci de préservation de l'environnement. Ce retour à la réalité et à l'authenticité des produits est le fruit d'un travail avec une matière vivante combiné à l'exonération des produits dérivés de la pétrochimie.
Le reportage, adepte ou pas des recettes de beauté à faire soi même : Antoine Lee (reporter France Inter) a participé à un stage d'apprentissage...
Sophie Macheteau vient de publier un livre intitulé "90 recettes de beauté bio à faire soi-même", aux éditions Vigot. Elle propose par ailleurs des ateliers où l'on apprend à faire ses propres produits de beauté bio. En quatre heures, pour une participation de 60 à 80 € (selon les produits utilisés), elle vous apprend à faire du savon, du shampoing, du dentifrice, du parfum, du rouge à lèvre, ombre à paupières, fond teint, lait de corps, démaquillant...chaque produit est bien sûr bio.
Ces ateliers pratiques remportent un vif succès. Cependant Bernard Chevilliat insiste sur le fait que la cosmétique bio actuelle est très loin des recettes de grand mère que l'on peut fabriquer soi même à la maison. Elle innove constamment en utilisant des ingrédients nouveaux qui sont un défi de création pour les formulateurs. L'innovation des laboratoires est de plus en plus pointue dans ce domaine et par la même les résultats obtenus sur la peau et l'efficacité des soins de plus en plus performante.
Les labels bio : comment s'y retrouver ?
Les mentions de l'organisme certificateurs doivent être inscrites impérativement sur l'emballage du produit pour avoir une réelle garantie biologique. Ce peut être Cosmebio (organisme Ecocert) ou encore Nature et Progrés (organisme Qualité France), en ce qui concerne les labels Français. La quantité d'ingrédients bio est également stipulée sur l'étiquette des produits certifiés. Il faut savoir qu'elle peut être parfois proche de 100%.
Les produits cosmétiques bio qui viennent de l'étranger, notamment du Canada et des Etats-Unis, ne sont pas soumis aux mêmes labels. Le label allemand BDIH, certifie quand à lui des grandes marques de produits bio pionniers tels que Weleda ou Dr Hauschka. Chaque consommateur apprendra donc à lire les étiquettes de ces produits qui ne répondent pas forcément aux mêmes exigences que les produits français. Il faut savoir, en outre, que la moitié des fabricants de produits de beauté bio français sont certifiés Cosmebio. A ce jour il n'existe pas de label bio Européen pour les cosmétiques, mais son étude est en cours, pour une normalisation.
Catherine, une auditrice de Grenoble, créatrice depuis un an d'une nouvelle marque de produits entièrement labellisée Cosmebio souligne l'importance et le travail rigoureux effectué par Ecocert lors de la demande de certification. Chaque produit et matières premières entrant dans la formulation sont observés. De plus, chaque année a lieu un audit , sur l'ensemble de la chaine de fabrication : production, stockage et distribution. Tout cela est un gage de garantie de sécurité des cosmétiques bio.
Gérard Perrier, enquêteur à la DGCRF (Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes), note que les "ratés" et dérives dans l'usage du label Cosmebio sont relativement rares. Sur 47 produits labellisés et contrôlés en 2006, seuls 6 produits ne répondaient pas totalement aux critères bio. Sur un total de 139 entreprises adhérentes, seuls deux fabricants n'étaient pas totalement en conformité avec le label. Les labels peuvent donc être pris au sérieux.
Un cahier des charges pour certification a été déposé auprès des pouvoirs publics et accepté et validé par le Ministère de l'industrie. Les produits certifiés sont donc fiables. Les logo et chartes bio, bien que privés, sont donc honorables et respectables. Il faut savoir qu'en cas d'usage abusif des labels et logos, les autorités sont sévères et les contentieux finissent au pénal en cas de problème.
La cosmétique bio : "L'humain au coeur du problème" et "Un pont vers la modernité"
Ce sont les deux invités, Valérie Lemaire et Bernard Chevilliat qui concluent le reportage. Ils estiment que l'usage de cosmétiques bio s'inscrit dans une démarche globale, à la recherche du plaisir des odeurs, de la tradition et de la simplicité des propriétés des plantes. Mais ils soulignent que cette cosmétique est un pont vers la modernité par les recherches effectuées par les grands laboratoires dans ce domaine. Elle répond à une démarche qui inscrit l'humain au cœur du problème par rapport à la cosmétique chimique. Un humain respectueux de l'environnement et de toute forme de vie, le choix de la non expérimentation animale est par exemple souvent un déclic dans le choix de produits bio. Mais également la volonté de connaitre la provenance des plantes utilisées et les modes d'approvisionnement. Dans ce contexte, l'accompagnement des producteurs et leur conversion à l'agriculture biologique est suivi sur toute la filière. Ce type de consommation permet de développer l'agriculture biologique, ce qui est une extraordinaire opportunité pour la planète, la nature et les hommes.
La cosmétique bio est un marché en devenir qui répond aux attentes des consommateurs et consommatrices actuels. Pour plus de sécurité, davantage de naturalité et la préservation de l'environnement
Trois arguments des auditeurs en faveur de l'utilisation de produits cosmétiques bio
C'est moins cher que la cosmétique "chimique"
C'est bon pour la santé et la peau
Cela préserve l'environnement
Il est possible de lire l'ensemble des réactions des auditeurs sur le thème : "La cosmétique bio : comment s'y retrouver dans tous les labels, quel crédit y apporter ?", sur le blog d'Isabelle Giordano dans le site l'émission "Service public".
L'émission est intégralement disponible en écoute gratuite, pendant 10 jours, sur le site internet de France Inter.