| Marques, produits et tendances cosmetiques |
| Conseils beauté : prenez soin de vous ! |
| Huiles essentielles plantes et composants cosmetiques |
| Sites internet et livres : des infos bio |
| Eco-bio.info |
| NeoMansLand |
| Ecolopop |
| eShopPartner |
| Produits par marques | Détails fabriquants | |||||||||||||||||||||||||
|
|
| Cosmétiques bio : quand l'Amérique observe l'Europe... |
|
|
| 12-12-2007 | |||||||
|
Dans un article paru le 20 novembre dernier dans le New York Time, la journaliste américaine Doreen Carvajal, envoyée spéciale à
Grasse, ville du parfum, rapporte d'intéressantes informations sur les tendances cosmétiques récentes en Europe et dans le monde. Nous rapportons ici ces impressions américaines sur les évolutions récentes du monde des cosmétiques en générale et des cosmétiques bio en particulier.La Provence est réputée jusqu'en Amérique pour son ancienne tradition de parfumerie, dont les douces senteurs de jamin ou de roses de Mai qu'elle est capable de développer. Elle est aussi connue à présent pour ses tentatives récentes de produire de la peau humaine artificielle à des fins cosmétiques... Les scientifques du sud de la France, rapporte Doreen Carvajal, travaillent fiévreusement pour tester leurs derniers produits cosmétiques avant que l'Union Européenne interdise les tests en laboratoire sur les animaux d'ici mars 2009. La nouvelle interdiction des européenne n'a pas seulement pour objectif de contraindre les entreprises multinationales d'adopter de nouvelles pratiques plus en harmonie avec la vie animale. L'objectif de Bruxelles est aussi de faire converger les pratiques européennes dans le domaine des produits cosmétiques avec les grandes agences mondiales dédiées à la santé humaine, telles que la Food and Drug Administation aux Etats-Unis ou le Ministère de la Santé au Japon. Un fait assez surprenant, du point de vue de notre journaliste américaine, c'est que les nouveaux standards et les nouvelles règlementations conduisent des entreprises rivales depuis très longtemps à coopérer et à chercher à s'entendre avec le législateur et les politiciens. Le délégué européen pour la science, Janez Ptocnik, est apparu en novembre dernier dans un meeting destiné au compagnies multinationales et leur a reproché de ralentir les recherches à cause d'un manque de partage des informations. Il faut dire que les enjeux sont considérables car l'Europe est le marché leader en matière de cosmétiques, et elle exporte des milliards de dollars de produits de beauté chaque année. Les cosmétiques exportés des Etats-Unis en direction de l'Europe sont infiniement plus faibles, puique leur valeur ne représentent qu'environ 7 % du montant des produits exportés depuis l'Europe. Le Japon est, après les Etats-Unis d'Amérique, le second fournisseur de produits cosmétiques à l'Europe. Le docteur Alan Goldberg, qui est directeur du Centre pour les alternatives à l'expérimentation sur les animaux dans l'Université Johns Hopkins, à Baltimore, déclare que "ces régulations ont un impact incontestable". Il rajoute ceci : "Pourquoi une société se priverait-elle de 450 millions de consommateurs potentiels en ne se pliant pas aux nouvelles règles ?". Le géant des cosmétiques L'Oréal a consacré 800 millions de dollars au cours des 20 dernières années pour développer des alternatives aux expérimentations des produits cosmétiques sur les animaux; dans le même temps, son concurrent Procter et Gamble a dépensé pas moins de 225 millions de dollars pour parvenir aux mêmes fins. Hervé Groux, scientifique immunologiste qui dirige un laboratoire de cosmétiques à Grasse déclare que les grandes multinationales sont lancées dans une course. Même les plus petites sociétés de cosmétiques, qui ne possèdent pas les ressources considérables de l'Oréal et Procter et Gamble sont contraintes de se lancer rapidement dans la course et de mettre plus d'argent dans la recherche pour se plier aux nouvelles règlementations. La Commission Européenne elle-même dépense environ 25 millions d'euros chaque année dans la recherche sur les alternatives à l'expérimentation animale. Dans le même temps, de nombreux pays lancent des programmes de recherche autonomes, dont les budgets varient entre 15 à 20 millions d'euros par ans. Le laboratoire de Mr Groux, Immunosearch, a commencé il y a peu, dans une zone industrielle, ses recherches pour construire un nouveau monde en matière de recherche scientifique dans le monde de la beauté et des cosmétiques, dans l'objectif d'épargner la souffrance et la vies de milliers d'animaux, rats, souris, lapins ou cochons d'Inde. Cependant, le nombre d'animaux actuellement utilisés pour la recherche sur les cosmétiques est assez faible en comparaison de ceux qui servent aux recherches dans le domaine purement médical, d'après un rapport de la Commission européenne. Mais entre 2002 et 2005, leur nombre a augmenté de 50 pour 100, atteignant les 5571 animaux. La plupart de ces expérimentations ont eu lieu en France, le pays leader en Europe en matière de tests sur les animaux. La France, rapporte Doreen Carvajal est aussi le pays qui lutte le plus fortement contre la nouvelle règlementation, puisqu'une plainte a été déposée, en vain, à la Cour Européenne de Justice. Mais c'est aussi en Provence, région réputée pour sa tradition de fabrication ancienne de cosmétiques, que des scientifiques tentent de travailler à des solutions alternatives. Près de Nice, par exemple, la société SkinEthic, qui existe depuis une quinzaine d'années, conçoit et produit une ligne d'outils cellulaires qui incluent une large gamme de tissus humains. La société produit ses propres produits à partir de peau recontruite; pendant ce temps, L'Oréal achète le brevet à la société Episkin, dont les scientifiques sont basés à Lyon. Episkin a été validée cette année par l'Europe comme un outil de test qui pourrait remplacer les animaux. Son concurrent le plus proche est EpiDerm, développé par MatTek, une compagnie américaine implantée dans le Massachussets. Mais ce produit n'a reçu qu'un agrément pour la recherche scientifique car la peau produite est encore trop sensible et qu'elle donne des résultats très différents de ceux que l'on obtiendrait avec des peaux naturelles. Pour fabrique la peau Episkin, les cellules des donneurs, collectées après une opération de chirurgie plastique abdominales, sont cultivées dans un gel de collagène, placé dans un bain d'eau, d'acides aminés et de sucres, puis séchées pendant 10 jours ou exposées à une lumière ultraviolette pour simuler le vieillissement naturel de la peau. Les Cosmétiques sont alors testés en mettant en contact la peau de bébé ainsi créée artificiellement avec les produits que l'on souhaite tester. La peau est placée en contact avec une substance chimique dont la couleur change selon la toxicité éventuelle du produit cosmétique testé. Le dirigeant Thomas Hartung, directeur du centre italien pour la Validation des méthodes alternatives à l'expérimentation animale a ainsi pu conclure en disant "Nous avons finalement réussi en montrant que la peau artificielle peut remplacer avec succès les expérimentations sur les lapins". L'agence qu'il dirige, qui fait partie de la Commission Européenne, est aussi en train de mettre en place une douzaine de méthodes pour tester l'irritation des yeux provoquée par l'utilisation de produits cosmétiques et pour remplacer les tests utilisés sur les lapins depuis les années 40 du XXème. "Notre Graal, c'est un test efficace pour l'irritation des yeux", rapporte Mr Hartung. Désormais les craintes des petits fabriquants de cosmétiques et de parfums du sud de la France se déplacent dans le domaine des produits chimiques. Les sociétés Robertet et Mane Fils, qui fabriquent des parfums depuis plusieurs générations craignent que les règlementations européennes ne les contraignent à soumettre les ingrédients naturels, comme l'essence de lavande, aux mêmes tests scientifiques rigoureux sur leurs effets sur la santé humaine. Le président de Robertet déclare en substance : "nous avons mal défendu les ingrédients naturels car les essences que nous utilisons ont été classifiées comme des éléments chimiques, alors que ces ingrédients sont utilisés dans nos produits cosmétiques depuis plusieurs siècles". Les compagnies s'inquiètent du fait que les nouvelles règlementations européennes dans le domaine des cosmétiques pourraient sonner la fin de l'utilisation de nombreuses huiles essentielles qu'ils obtiennent à l'aide du procédé de la distillation. Le Maire de Grasse, face aux tendances actuelles du monde de l'industrie des cosmétiques, se veut très réaliste. L'industrie est en perpétuelle évolution. Elle a évolué par le passé, elle est actuellement en pleine évolution et elle changera certainement dans le futur. Il s'agit de rester optimiste et de ne pas perdre de vue l'objectif final, qui consiste à épargner la souffrance des animaux et à créer des gammes de produits cosmétiques qui respectent la santé humaine.
|
|||||||
| < Précédent | Suivant > |
|---|